Les traders particuliers perdent surtout pour quatre raisons mesurées par les régulateurs : des pertes moyennes plus grosses que les gains moyens, des frais multipliés par le nombre de trades, des positions trop grosses pour leur capital, et une expérience qui ne corrige rien sans mesure. Selon les études, 68 % à près de 90 % des particuliers perdent sur les produits à effet de levier.
Ce qu'il faut retenir
- Selon l'AMF, 89,4 % des 14 799 clients particuliers de courtiers Forex et CFD étudiés ont perdu de l'argent sur quatre ans, avec une perte médiane de 1 843 €.
- Les pertes ne viennent pas d'abord des frais : l'AMF les estime à 14,2 % des pertes des clients, hors spread. Le reste vient des décisions de trading.
- Dans l'étude de la SEBI sur l'exercice 2025-2026, la perte moyenne des traders perdants dépassait de 21 % le gain moyen des gagnants.
- Plus un client trade souvent et gros, plus il perd : chez l'AMF, les clients ayant passé au moins 250 ordres ont perdu 18 741 € en moyenne.
- L'expérience seule ne rend pas rentable : les 1 881 clients actifs chaque année de l'étude AMF sont passés de 82,5 % à 87,6 % de perdants en quatre ans.
- Pour trouver ta propre cause, compare ton résultat brut et ton résultat net, ton gain moyen et ta perte moyenne, et la taille de tes trades perdants.
Tu as appris l’analyse technique, tu as une stratégie, tu poses des stops. Et pourtant, ton compte baisse. Tu n’es pas un cas isolé : c’est le résultat de la grande majorité des particuliers, mesuré par plusieurs régulateurs sur des centaines de milliers de comptes. La bonne nouvelle, c’est que ces études ne disent pas seulement combien de traders perdent. Elles disent aussi pourquoi les traders perdent de l’argent, avec des chiffres.
Ce guide reprend ces causes une par une, à partir des rapports originaux de l’AMF, de l’ASIC et de la SEBI, puis te donne une méthode pour savoir laquelle s’applique à toi.
Pourquoi la plupart des traders perdent-ils de l’argent ?
Les traders particuliers perdent principalement pour quatre raisons mesurables : leurs pertes moyennes sont plus grosses que leurs gains moyens, leurs frais grossissent avec leur nombre de trades, leurs positions sont trop grosses pour leur capital, et l’expérience ne corrige pas ces erreurs toute seule.
Un trader perdant, au sens des régulateurs, est un trader dont le résultat net, frais compris, est négatif sur la période étudiée. Ce n’est pas un trader qui a eu une mauvaise semaine. C’est un trader dont le système, tel qu’il est réellement appliqué, détruit du capital.
Ces quatre causes ont un point commun : aucune n’est de la malchance. Ce sont des mécanismes, et un mécanisme se mesure dans un historique de trades.
Combien de traders perdent vraiment de l’argent ?
Entre 68 % et 97 % selon le produit, le pays et la durée observée. Le chiffre « 90 % » n’est pas une statistique officielle unique, mais les études des régulateurs tournent toutes autour de cet ordre de grandeur.
| Étude | Population | Période | Part de perdants |
|---|---|---|---|
| AMF (France, 2014) | 14 799 clients Forex et CFD | 4 ans (2009-2013) | 89,4 % |
| ESMA (Europe, 2018) | Comptes CFD de particuliers | Données des régulateurs nationaux | 74 % à 89 % |
| ASIC (Australie, 2026) | Clients particuliers de 52 émetteurs de CFD | Exercice 2023-2024 | 68 % |
| SEBI (Inde, 2026) | Traders particuliers en dérivés actions | Exercice 2025-2026 | 87,7 % |
| Chague et al. (Brésil, 2019) | Day traders sur contrats à terme, au moins 300 jours de trading | Débuts entre 2013 et 2015 | 97 % |
Deux détails changent la lecture de ces chiffres. D’abord, plus la période est longue, plus le taux monte : l’AMF mesure environ 84 % de perdants sur une année donnée, mais 89,4 % sur quatre ans cumulés. Ensuite, la perte typique n’est pas anecdotique : la perte médiane est de 1 843 € dans l’étude de l’AMF, et la perte moyenne de 10 887 €, tirée vers le bas par quelques très grosses pertes.
Et en face ? En Inde, la SEBI montre que les traders pour compte propre ont dégagé environ 44 000 crores de roupies de profits bruts sur l’exercice 2025-2026, et que 99 % des profits de ces traders et des investisseurs étrangers venaient d’entités utilisant des ordres algorithmiques. Sur ce marché, quand un particulier clique, il trade souvent contre des machines rapides et bien capitalisées.
Cause 1 : des pertes plus grosses que les gains
La première cause est arithmétique : la plupart des traders perdants gagnent souvent, mais leurs pertes moyennes sont plus grosses que leurs gains moyens. Un bon win rate ne suffit pas à compenser.
La SEBI le mesure directement : sur l’exercice 2025-2026, la perte moyenne des traders perdants atteignait 147 000 roupies, contre 122 000 roupies de gain moyen chez les gagnants, soit une perte moyenne supérieure de 21 %.
Le même schéma apparaît trade par trade. Sur 12 millions de trades analysés par DailyFX en 2011, les clients gagnaient sur 59 % de leurs trades en EUR/USD, mais perdaient en moyenne 127 pips sur un trade perdant contre 65 pips gagnés sur un trade gagnant. On détaille ce calcul et le seuil de rentabilité dans notre guide du win rate.
Pourquoi ce déséquilibre ? Parce qu’on coupe trop vite ce qui gagne et qu’on garde trop longtemps ce qui perd. Terrance Odean l’a mesuré sur 10 000 comptes de courtage (Journal of Finance, 1998) : les investisseurs réalisaient 14,8 % de leurs gains latents, mais seulement 9,8 % de leurs pertes latentes. C’est l’effet de disposition : encaisser un gain fait du bien, encaisser une perte fait mal, alors on repousse.
Dans ton historique, ce biais laisse une trace simple : ta perte moyenne dépasse ton stop prévu, ou ton gain moyen est bien plus petit que ton objectif.
Cause 2 : les frais et le nombre de trades
Les frais ne sont pas la cause principale des pertes, mais ils transforment des petits avantages en pertes, et ils grossissent avec chaque trade. Plus un trader est actif, plus il perd.
L’AMF estime que les frais facturés par les courtiers (commissions et frais de financement) n’expliquent que 14,2 % des pertes des clients. Ce chiffre exclut le spread, qu’aucun courtier n’a communiqué : le coût réel est donc plus élevé. Surtout, l’AMF observe que les clients ayant passé au moins 250 ordres en quatre ans, soit 52 % de la population, ont perdu en moyenne 18 741 €, contre 10 887 € pour l’ensemble.
Le rapport de l’ASIC publié en janvier 2026 va plus loin :
- Les pertes nettes des clients particuliers ont dépassé 458 millions de dollars australiens, dont 73 millions de frais.
- 5 % des clients auraient été gagnants sans les frais, et ont fini perdants à cause d’eux.
- Chez les traders actifs (plus de 50 positions ouvertes par mois en moyenne), 19 % des clients gagnants avant frais sont devenus perdants après frais.
Les frais agissent comme un péage : ils ne te ruinent pas sur un trade, ils te ruinent sur mille. C’est le mécanisme de l’overtrading, où chaque trade sans edge coûte au minimum son spread et sa commission.
Cause 3 : le levier et la taille des positions
La troisième cause est la taille : les traders qui prennent les positions les plus grosses perdent le plus, et une poignée de très grosses pertes pèse plus lourd que tout le reste.
Dans l’étude de l’AMF, les clients dont la taille moyenne d’ordre dépassait 10 000 € (effet de levier compris), soit 62 % de la population, ont perdu en moyenne 14 876 €. Et la distribution est très déséquilibrée : 722 clients ont perdu chacun plus de 50 000 €, pour un total de plus de 102 millions d’euros, soit environ 63 % des 161 millions perdus par l’ensemble des clients. En face, seuls 121 clients ont gagné plus de 24 000 €, pour environ 10 millions d’euros au total.
La SEBI fait le même constat en Inde : environ 23 % des traders concentrent près de 90 % des pertes totales. Et l’ASIC montre que les options sur CFD, un produit que l’ASIC qualifie de « doublement à effet de levier », produit 85 % de clients perdants, contre 68 % pour l’ensemble des CFD.
C’est précisément ce qui a poussé l’ESMA à limiter en 2018 l’effet de levier des particuliers sur les CFD : 30 pour 1 sur les paires de devises majeures, 20 pour 1 sur les autres paires, l’or et les grands indices, 10 pour 1 sur les autres matières premières, 5 pour 1 sur les actions et 2 pour 1 sur les cryptomonnaies.
Le levier ne crée pas la perte, il en fixe la taille. Une erreur à 0,5 % de risque est une leçon, la même erreur à 5 % est un trou. Pour savoir où placer ce curseur, lis notre guide sur combien risquer par trade.
Cause 4 : l’expérience ne corrige rien toute seule
La quatrième cause est la plus contre-intuitive : persévérer ne rend pas rentable. Sans mesure, l’expérience répète les mêmes erreurs avec plus de capital.
L’AMF a suivi un groupe fixe de 1 881 clients actifs chaque année de 2009 à 2012 :
| Période cumulée | Part de perdants | Résultat moyen |
|---|---|---|
| 2009 seulement | 82,5 % | −4 989 € |
| 2009 à 2010 | 85,5 % | −10 183 € |
| 2009 à 2011 | 85,1 % | −16 386 € |
| 2009 à 2012 | 87,6 % | −26 745 € |
Quatre ans d’expérience, et la part de perdants a augmenté. L’AMF conclut à « l’absence d’effet d’apprentissage ».
L’étude brésilienne de Chague, De-Losso et Giovannetti arrive à la même conclusion sur les day traders qui ont persisté au moins 300 jours : 97 % ont perdu de l’argent, et seulement 0,4 % ont gagné plus que le salaire d’un caissier de banque (54 dollars par jour). À Taïwan, Barber, Lee, Liu et Odean trouvent que moins de 1 % des day traders parviennent à gagner de façon prévisible, après frais, sur la durée.
Le marché ne paie pas les heures passées devant l’écran. Il paie les erreurs que tu as mesurées et que tu ne refais plus.
C’est pour ça qu’un journal de trading change la donne : il transforme l’expérience en données, et les données en règles.
Comment savoir pourquoi toi, tu perds : le diagnostic en 5 étapes
Les statistiques décrivent des foules. Ton compte, lui, a une cause dominante, et tu peux la trouver en une heure avec ton historique exporté depuis MetaTrader, cTrader ou TradingView.
- Calcule ton résultat brut. Additionne commissions et swaps, puis retire-les de ton résultat net. Brut positif et net négatif : ton problème, ce sont les frais et le volume. Brut négatif : continue.
- Divise tes frais par ton nombre de trades. Compare ce coût moyen par trade à ton gain brut moyen par trade. Si le coût est plus grand, tu travailles pour ton courtier.
- Compare ton gain moyen et ta perte moyenne. Si ta perte moyenne dépasse ton gain moyen, calcule le win rate dont tu aurais besoin pour être à l’équilibre, et compare-le au tien.
- Classe tes trades par taille de risque. Isole ceux dont le risque dépasse deux fois ton risque habituel et additionne leur résultat. C’est souvent là que se cache le revenge trading.
- Regarde ton résultat trimestre par trimestre. S’il ne s’améliore pas depuis un an, tu n’apprends pas : tu répètes.
Voici ce que ça donne sur un compte perdant (exemple illustratif) : 300 trades sur six mois, 3 € de frais par trade, résultat net de −1 500 €.
| Bloc de trades | Nombre | Résultat brut | Frais | Résultat net |
|---|---|---|---|---|
| Taille normale | 260 | +400 € | −780 € | −380 € |
| Risque supérieur à 2 fois l’habituel | 40 | −1 000 € | −120 € | −1 120 € |
| Total | 300 | −600 € | −900 € | −1 500 € |
Lecture : la méthode n’est pas perdante en soi, elle gagne 400 € brut sur les trades de taille normale. Mais elle ne rapporte qu’environ 1,54 € par trade avant frais, pour 3 € de frais : le volume la rend perdante. Et 40 trades surdimensionnés, soit 13 % des trades, produisent près des trois quarts de la perte nette. Deux causes, deux règles : moins de trades, et une taille de risque fixe.
Pour chaque cause, voici le signal à chercher :
| Cause | Mesure dans ton historique | Signal d’alerte (repère) |
|---|---|---|
| Pertes plus grosses que les gains | Perte moyenne ÷ gain moyen | Ratio supérieur à 1 avec un win rate sous ton seuil de rentabilité |
| Frais et volume | Frais totaux ÷ résultat brut positif | Brut positif mais net négatif |
| Taille et levier | Résultat des trades à risque supérieur à 2 fois l’habituel | Ces trades pèsent plus de la moitié de ta perte |
| Absence d’apprentissage | Résultat par trimestre | Aucune amélioration sur 4 trimestres |
Ce que TradeIA mesure à ta place
Ce diagnostic se fait à la main dans un tableur, mais il prend du temps, surtout quand il faut croiser la taille des trades, les heures et les séries de pertes.
TradeIA importe ton historique MT4, MT5, cTrader ou TradingView et lance ces vérifications automatiquement. L’analyse signale notamment les séries d’au moins trois pertes pendant lesquelles ta taille de position augmente de plus de 50 % d’un trade à l’autre, une perte moyenne supérieure à 1,5 fois ton risque réel moyen (signe que tes stops ne sont pas respectés), une taille de risque trop irrégulière d’un trade à l’autre, et les symboles où tu perds de façon répétée.
Quel que soit l’outil, l’objectif est le même : passer de « je perds » à « je perds à cause de ça ». Les régulateurs ont trouvé quatre causes chez des centaines de milliers de traders. Ton historique te dira laquelle est la tienne.
Questions fréquentes
05Est-ce vrai que 90 % des traders perdent de l'argent ?
Peut-on gagner de l'argent en trading ?
Les traders expérimentés perdent-ils moins ?
Qui gagne l'argent que perdent les traders particuliers ?
Comment savoir si je perds à cause des frais ?
Sources
07- AMF, Étude des résultats des investisseurs particuliers sur le trading de CFD et de Forex en France (2014)
- ASIC, Report 828 : Risky business, driving change in CFD issuers' distribution practices (2026)
- SEBI, Profitability of Individual Traders in the Equity Derivatives Segment (FY25-FY26) (2026)
- ESMA, ESMA agrees to prohibit binary options and restrict CFDs to protect retail investors (2018)
- Chague F., De-Losso R. et Giovannetti B., Day trading for a living?, Université de São Paulo (2019)
- Barber, Lee, Liu et Odean, The cross-section of speculator skill: evidence from day trading, Journal of Financial Markets (2014)
- Odean T., Are Investors Reluctant to Realize Their Losses?, The Journal of Finance (1998)
Contenu à visée éducative. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Le trading de produits à effet de levier comporte un risque élevé de perte en capital.